Je t’aime, nous t’aimons, femme sage ♥

Future maman et Sage femme

« Avez-vous pensé à la préparation de l’accouchement? »

-euh… oui!?

 » Connaissez-vous une sage-femme? Non? alors je vous conseille d’aller voir Kinga ou Elisabeth. Tenez, voilà leur carte. Elles sont supers »

Merci Doc!

Kinga… (pardon Elisabeth 😉 ) Tout était dans le prénom. De l’exotisme, de la pétillance (j’aime ce mot inventé juste pour elle!), du rire… allez, le prénom me plait, je prends rendez-vous.

Kinga m’a reçue, nous a reçu. Débordait de façon assez régulière sur les horaires. Kinga écoutait. Riait. Dédramatisait. Expliquait. Respectait.  (Et mon gynéco adoré, si, si, devait quand même être bien content que ce soit Kinga qui réponde à mes coups de fils de nullipare paniquée enfin si…oh! elle a osé le jeu de mot! y compris pendant ces vacances! Je ne connais que des femmes sages qui s’occupent des mamans à ce point.. Et je vous promets que j’ai le meilleur obstétricien du monde pourtant!)

Un jour Kinga nous dit « savez-vous pourquoi les contractions sont douloureuses? (ah non… et je veux bien qu’on m’explique!) Parce que l’utérus est le seul muscle du corps qui, quand il se contracte, fait travailler 2 forces de façon opposée. D’où la douleur. Et un utérus qui travaille bien, c’est un utérus qui contracte bien,  c’est un col qui s’ouvre bien, et un bébé qui se met bien en position. » Mais alors.. les contractions sont mes copines!?! J’en ai besoin!? (m’écriai-je dans mon innocent enthousiasme de nullipare voulant accoucher sans péri ).

Kinga nous explique encore « Dans votre corps, vous avez TOUT CE QU’IL FAUT POUR GÉRER LA DOULEUR. Endorphines, ocytocine (Kinga me corrigera dans les commentaires… à la base mon métier c’est la couture, puis le développement d’une entreprise de coussin de maternité et coussin de lecture vlan, mots clés!… pas la médecine ni la maternité hein! alors c’est comme les cours d’histoire, on croit retenir, mais on s’égare de quelques siècles dans les dates… ). Hormones de bien-être, de plaisir, elles vont vous aider. Et donner à votre cerveau des messages qui lui permettrons de ne pas mettre la garde en alerte (euh.. ça encore ce sont mes mots, 5 ans plus tard…). MAIS, il y a UN ENNEMI. L’adrénaline. (le stress en résumé). L’adrénaline annule les effets des autres. Et là c’est douleur maximale. L’adrénaline c’est « mais purée (quand tu es sur le point d’accoucher en général tu es un peu moins « polie ») c’est quoi cette secrétaire qui met un temps fou à remplir les papiers? Elle veut que j’accouche dans le hall (tu ne le sais pas, tu es nullipare, mais tu n’es qu’à 3… elle, elle le sait, tu as le temps. Des heuuuuuuuuuuuuures de contractions devant toi encore. Mais… bienvenue Madame adrénaline! au revoir gestion du stress)… « Mais alors Kinga, mon seul boulot, c’est d’accueillir mes copines les contractions, et de rester dans la bulle? » OUI! (illustration: ohhh! je sors de chez moi car l’ambulance est là, et l’ambulancière regarde derrière moi pour voir ou est la femme qui va accoucher et qu’elle doit accompagner à la maternité? chouette, je lui explique avec le sourire que c’est moi, faut pas chercher un ventre plus gros, y’a pas en stock… ohh super, les nids de poules et les feux rouges en pleines contractions, sanglée et allongée dans l’ambulance…. bien  bien bien, j’ai les fesses à l’air et tout le monde passe dans la salle de naissance, plus on es de fou, plus on rigole! extra, v’la la sage-femme dont tout le monde m’a parlé et qui crie tout le temps, ça va mettre de l’ambiance. Bonnn, l’Homme sort téléphoner à sa mère juste quand j’ai besoin de lui, super!!! ça fait un peu fumeuse de pétard… mais dans l’idée que crois que c’est assez proche finalement)

Les Babilleuses coussin maternité

5 ans plus tard, Kinga a crée un post très important auprès des mamans, (et j’aimerais beaucoup que tu nous en parles dans les commentaires). Nouvelle grossesse, nouvelle sage-femme. 5 ans plus tard, grâce et avec Kinga, Les Babilleuses ont grandit (c’est avec elle que tout a commencé) et je fréquente plein de femmes aussi sages les unes que les autres, avec même quelques hommes de talent en leur sein! Nulli n’est plus primi mais devient multi, et multi sait exactement ce qu’elle attend comme approche de sa nouvelle grossesse et du post partum. Alors multi (moi…) demande à ses copines sages-femmes, car elle ne sait qui choisir (et elle veut faire des cours en piscine cette fois-ci, en plus!), et ses copines lui conseillent toutes Géraldine. Géraldine est grande, et douce. A la première approche je pense qu’elle aurait pu être mannequin (impression qui dure) et prof de yoga (impression démentie par elle-même… caractère de méditerranéenne, manifestement bien géré dans son cadre professionnel 😉 )

Car Géraldine est très douce. A l’écoute. Accueillante. ( pourquoi ai-je l’impression qu’on peut appliquer ces qualificatifs à de très, très nombreuses sages-femmes?). Géraldine m’accompagne sur mon chemin. Dans cette nouvelle (et très différente) maternité. Géraldine enracine en moi la confiance que Kinga m’avait donné, sur ma capacité à mettre au monde, à être mère.

Les mots me manquent, j’oscille entre humour et amour, (Martine Desmares, sage-femme, explique très clairement les enjeux )mais je voudrais dire une chose:

Que nous accouchions à la maison ou en clinique, avec ou sans péridurale, avec ou sans conjoint, que nous donnions le sein ou le biberon, on s’en balance. Mais toutes, nous avons eu ou aurons au moins une femme sage qui nous accompagne, qui nous initie. Celle (parfois celui!) qui ne juge pas, n’est jamais intrusive, mais accueille, rassure, console, écoute, guide. Une sage-femme, parfois une doula, ou une sœur, une mère ou une amie.

Mais quand c’est une femme qui en a fait sa profession, et l’exerce comme un sacerdoce, je demande au gouvernement de reconnaitre leur valeur et le caractère essentiel de la qualité de la relation avec leurs patientes. Imaginons qu’elles doivent nous recevoir à la chaine pour gagner leur vie de façon juste, autant faire des cours sur internet non? Elles donnent beaucoup. Sachons respecter et revaloriser leur profession, qui a un réel caractère médical et un savoir faire incontestable. Donnons-leur les moyens de continuer à nous accompagner. Le chemin de la maternité à l’heure actuel est semé d’embuches, les conditions de travail,  conditions de vie, difficultés conjugales et autres aspects de la vie d’une jeune famille sont difficiles. Pour limiter les dépressions du post partum et autres épuisements maternels, soyons toujours aussi bien accompagnées et soutenues, par des femmes qui ont la sagesse de la maternité et le savoir médical. Si vous êtes d’accord, dites-le, et partagez! Aujourd’hui, c’est la journée internationale des sages-femmes. Le 12 mai sera leur jour de grève. Une fois n’est pas coutume, la suissesse que je suis est entièrement favorable à cette mobilisation.

Pour terminer, ou plutôt pour continuer, voici un extrait du texte de Cathy, sage-femme à Montpellier, à qui j’ai demandé une présentation de son parcours ( à paraitre le 12 mai sur le blog):

Être sage femme, c’est accepter que chaque femme soit unique. C’est apprendre à se laisser enseigner par les parents et par les bébés.

 

La sage femme, c’est celle qui a « le savoir »des femmes. On ne trouve pas ce savoir dans les livres mais dans les Femmes. Il se transmet de femme en femme et évolue avec chacune d’elle.

Sachons rester à l’écoute de ce savoir.

Coussin Les Babilleuses

Sages-femmes, je vous aime. Nous vous aimons. Et nous voulons vous le dire. Et nous voulons que votre sacerdoce soit évalué et rétribué à sa juste valeur ♥

Y.Z, créatrice et directrice des Babilleuses

post-sciptum: Un très grand merci à Nadine Court et Florence Akouka, deux photographes de talents, et deux mamans, qui ont accepté d’illustrer cet article par leurs photos. Ce jour-là, c’était Nadine derrière l’objectif, et Florence sous les projecteurs. Mesdames, je voulais que cette profession de sage-femme soit mise en lumière par de très belles images, vous m’en avez donné la possibilité!

à lire aussi, une soirée inoubliable avec les sages-femmes!

http://www.fleurdesucre-photographie.com/
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9 Responses to Je t’aime, nous t’aimons, femme sage ♥

  1. Lety says:

    Bonjour,

    Je prends tjs un vrai plaisir à vous lire et c’est vrai que les sages-femmes nous sont indispensables, tjs la pour nous réconforter, nous écouter. Belle article et belles photos (elles ne peuvent être que belles vu que la talentueuse photographe n’ est autre que Nadine :0))

  2. Bravo Yaelle, quel talent (pour tout en plus)!!!
    comme si j’y étais!
    excellent post comme d’habitude…

  3. Alisabel says:

    Très joli article. Moi aussi je garde un très beau souvenir des sage femmes qui m’ont accompagnée pour mes trois maternités. Avec une pensée spéciale pour l’une d’elles qui a assumé son engagement près de moi jusqu’au bout , et ce malgré des circonstances particulières.

    Merci à toutes ces femmes sages.

  4. Marie-Claire says:

    J’ai un très bon souvenir des sages-femmes pour mes deux accouchements !
    J’avoue que pour la venue de mon premier enfant, le début de préparation en groupe, en clinique, a été horrible ! Tiens, prends-toi un film d’accouchement des années 70/80 dans la face, avec la maman qui crie, en 1ère séance… nous toutes, accrochées à nos fauteuils, les hommes prêts à tourner de l’oeil : plus envie d’accoucher du tout là :( Puis heureusement nous avons déménagé (et oui, on aime ça en période de grossesse, n’est-ce pas ?) et j’ai dû trouver une sage-femme libérale. Le bonheur ! Elle m’a fait découvrir la sophrologie, qui m’a énormément aidée à appréhender l’accouchement sereinement – moins qui depuis petite en avais une trouille bleue suite à des images assez atroces dans des films qui m’avaient choquée, et des récits de femmes d’une autre époque. Et là, grâce à elle, à ses explications sincères, à la complicité, j’y suis allée avec la patate, le sourire, à téléphoner à toute la famille « oui j’y vais là ! Youpi ! » Des heures de travail à gérer les contractions avec une sérénité plutôt installée. Conclusion, on m’a dit que j’aurais pu me passer de péri les 2 fois, vu où j’en étais hein ! Mais bon, j’ai toujours fait une fixation, j’ai gardé ma trouille de la délivrance et j’ai tenu quand même à la faire. Bref… malgré des complications avec ventouse pour la première et cordon autour du cou pour le deuxième – pour lesquelles les sages-femmes ont été géniales pour me rassurer -, j’ai très bien vécu mes accouchements, et ça, j’ai toujours pensé que je le devais en bonne partie à la sage-femme qui m’avait préparée et aussi à la sage-femme qui m’accouchait le jour J forcément…
    Si c’était à refaire (ah, j’aimerais tant, mais Monsieur pas trop :), je ne changerais pas grand chose : sage-femme libérale et sophrologie. Mais cette fois, je travaillerais plus avec la sage-femme sur cette peur de la douleur lors de la délivrance, et aussi… je dirais à la sage-femme qui m’accouche ce jour là que « non, je ne veux pas m’allonger là tout de suite en attendant la dilatation complète, je veux continuer à bouger et rester libre de mes mouvements ».
    Un immense merci aux sages-femmes… mais aussi : merci aux hôpitaux de former les sages-femmes à mieux écouter les doléances des mamans 😉

  5. kinga says:

    c’est pas par hasard et tu le comprendras que je te répond aujourd’hui 12 mai .
    tout d’abord j’avoue avoir été très sensible à chacun de tes mots que tu sais si bien choisir.merci à toi yaelle merci à vous les parturientes.C’est à travers vous que nos pratiques se tricotent (oups la couture refait surface!) je sais aujourd’hui avec certitude que c’est à vos cotés que nos pratiques s’enrichissent avec les spécificitées et difficultées de chacune .
    ma priorité est :une mise au monde la plus enveloppée possible pour la maman comme pour l’enfant.;
    voilà je prendrai le temps de te parler un peu plus en détails de ma pratique auprès de patientes en grande vulnérabilitées psychiques dès que possible
    mille bises et à très bientot !

  6. manager says:

    Merci à vous pour vos commentaires!
    @Kinga, heureuse que tu sois passée par là! « une naissance aussi ENVELOPPÉE que possible », je trouve la formule sublime et douce! Oui, parle-nous quand tu pourras de ton rôle auprès des mamans en vulnérabilité… c’est précieux!
    @à toutes: merci pour vos témoignages… on les aime nos sages-femmes!
    @Maman: ton passage ici me touche! Le reste aussi… bientôt la fête des mères, je te réserve une petite surprise!
    @à vous toutes les sages-femmes que je connais et qui m’ont répondu par mail: vos retours et messages m’ont beaucoup émue à mon tour, merci! Continuons!
    Yaëlle

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